Tana TOraja: Ou l'on traite des esprits ancestraux.

Publié le par Xavier Galezowski

Dix heures de route, simple tribu, pour arpenter enfin ce paradis perdu.
Les couleurs sont si denses qu'elles brulent nos retines meme a travers les vitres du bus qui avance.
Le vert des rizieres toutes fraichement repiquees, le rose des maisons, au jaune, au bleu melee.

Les montagnes se dessinnent dans la brume eloignee, paysages fantastiques mieux qu'dans un film prime.

Le Pays Toraja est le plus bel endroit qu'il m'est ete donne a la contemplation: plus qu'un saut dans le temps, une autre dimension.

L'architecture d'abord, a nulle autre pareille chuchotte a notre oreille: " Vous etes bien arrives"

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Des cornes de buffles se dressent a travers les rizieres, derriere les palmiers, et a flanc de collines. Ces geants de bambous aux cornes parfois d'acier portent sur leurs frontons des scarifications, peintures ancestrales imprimees dans le bois, aux motifs repetes, rouge et jaunes pigmentes.
Le soleil et le coq, le buffle et le betel, sont autant de symboles de ce monde parallele.
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Greniers a  riz, parfois maisons, meme les modernes conservent la tradition. Sur les toits en Bambous pousse de l'herbe folle, vivre avec la nature n'est pas la qu'un symbole.

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Greniers a Riz, parfois maisons, meme les modernes gardent la tradition. Sur les toits en Bambous poussent de l'herbe folle, vivre avec la nature n'est pas la qu'un symbole.
Animistes-chretiens et chretiens-animistes, on y croise des baptistes et quelques musulmans.

Chacun cherche son Dieu, Chacun sa protection, ils ont peur des esprits qui  viennent en leurs maisons.Et la comme au Benin, de grandes similitudes emportent mon esprit au dela de la raison.

O pays ou les buffles valent plus que des voitures, guide bien mon esprit avec tes montures. Blanc et noirs tachetes, ils menent au Paradis,buffles noirs sacrifies lors des ceremonies.
Par centaines des cochons partagent le meme sort, ils seront egorges pour apaiser les morts. 

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Des vivants qui arpentent la surface de la terre marchent des heures durant apportant leurs offrandes, ils affluent par centaines, de noir, de rouge vetus et viennent se detendre, prendre un repas charnu.

Ces coquins de cochons a qui l'on ote la vie sont cuits dans le bambous des cuisines ephemeres car comme pour marquer notre nature fragile, les maison temporaires sont desossees, brulees, renvoyees au divin a l'etat volatile quand la ceremonie prend fin, qu'on quitte les parures, qu'on repose les kriss, qu'on retrourne chez soi allege d'un ami, d'un parent ou d'un proche, et puis de son offrande qu'on voit cuire sur la broche.

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Considerez bien sur que c'est histoire de caste, tout un chacun c'est sur ne s'en va pas dans de tels fastes. Ceremonie royale, d'or voir de metal sont l'apanage des castes superieures. Quand on nait en desous, en dessous ou esclave, on part plus sobrement et ca prend plus longtemps pour atteindre l'paradis car on y va a pieds, qu'il fait sombre la dedans, qu'il faut tromper cerbere.

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Les riches connaissent la ruse, il faut un buffalo qu'on decoupe en morceaux dont on donne les cuisseaux. Une jambe par tete, la quatrieme au loin pour un instant distraire l'attention du grand chien. L'ame se faufile alors...

Simple coincidence,existe-t-il vraiment ce fabuleux gardien, ce personnage mythique du Tana Toraja et de la Grece antique?

Publié dans voyage

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