Deux jours à Vang Vien

Publié le par Xavier Galezowski

Un coucher de soleil salue notre arrivée. Quand le soleil s’incline à l’abri des montagnes, il fait rougir le ciel qui est alors témoins de nos premiers pas dans cette cité répondant au nom de Vang Vien.

 

 On est dabs un Western : une route assez  large où s’étalent les saloons que les gens appellent bars dans cette région du monde.

Un Western Spaghetti où l’on déguste des pizzas, un arrêt obligé pour tous les backpackers qui se reposent un instant qui devant les Simpsons, qui devant Friends, les deux uniques séries diffusées en boucle dans tous les bars. Certains semblent même s’être arrêtés trop longtemps. Oh, on les confond bien vite, ils sont tatoués partout, ne se sont pas rasés depuis 10 ans peut-être, ils ont les cheveux longs, ou alors sont rasés, ou encore pire tiens, ils ont une queue de cheval qui attache les quelques cheveux qui subsistent à l’arrière de leur crâne luisant. Et enfin, élément infaillible pour les distinguer, ils sirotent une bière dès 10h du matin le regard hagard, perdu.

 

On les retrouve le soir à fumer des pétards dans leur chambre, dans un bar, où à prendre de l’opium au bord de la rivière. Ils se sont arrêtés trop longtemps.

L’activité principale de ce petit village est un peu l’incarnation de la décadence de ces derniers en termes d’activités. Ca s’appelle le Tubing

Cette  décadence reposante consiste à s’installer confortablement dans une bouée et de descendre le fleuve qui nous charrie lentement, un mojito ou une bière à la main…

Et comme il fait vite nuit, on commence à 10h du matin, la première gorgée servant de petit déjeuner. Une tripotée d’escales ponctuent notre trajet dans un bar à chaque fois où l’on reprend une bière et discute avec la centaine d’autres jeunes et parfois moins jeunes qui se lénifient ici même. Comme ailleurs bien entendu le partage d’une bière est très socialisant, chacun discute avec tout le monde et vice-versa. Cette partie du Laos est très proche du fameux triangle d’or où l’opium à foison étend ses tentacules.

Bien entendu l’Etat fait des efforts pour éviter ca, reconvertit les champs pour y faire pousser des denrées dissemblables à forte valeur ajoutée tel des fraises qu’on revend aux touristes à prix européens.

On m’a plus souvent proposé des champignons que des fraises pour ma part.

 

L’autre curiosité du coin est un ensemble de grottes : me voilà donc spéléologue d’un temps. J’ai rivé sur ma tête une lampe frontale trop faible, reliée à une batterie que j’arbore sur le dos. C’est un outillage tout sorti des vieux documentaires d’Arun Tazieff qu’on aurait envoyé ay centre de la terre. Derrière une petite ouverture, un trou béant rempli de stalagmites. On est dans une cathédrale naturelle où les rayons du soleil qui transpercent la roche par endroits viennent éclairer les diamants des parois et les calices de pierres. La lumière de nos lampes sur les cristaux de sels laisse toujours apparaitre ce qu’on croit un trésor. De la nef principale on escalade un peu pour découvrir encore de nombreuses absidioles.  Quand on abandonne somme toute ce bâtiment sacré, c’est pour baptiser un lagon bleu et vert juste en bas qui s’offre à nous, nous tend les bras avant que de reprendre les motos et la route.

 

Publié dans voyage

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article