21 septembre 2007
Singapore-Bangkok-Chengdu : 5h de vol environ et nous voila dans la capitale du Sichuan, dans le but de tenter de s’introduire au Tibet, à Lhassa pour être
exact.
La cinquième plus grande ville de Chine qui regroupe près de 13 millions d’habitants se modernise a vitesse grand V. Très vite, nos espoirs d’atteindre Lhassa
s’évanouissent par manque de temps et d’argent. Au mieux nous pourrions y passer 4 jours, mais à quel prix ?!
La décision est prise, nous allons passer cette semaine dans le Sichuan, et pourquoi pas aller dans les plateaux tibétains qui appartiennent administrativement
au Sichuan. Le vrai problème pour accéder au Tibet, c’est ce fameux permis qu’il faut obtenir des autorités chinoises peu accommodantes. Certaines personnes ayant réussi a passer en fraude ont
reporté s’être fait tabasser par les chinois, je ne prendrais donc pas ce risque : courageux mais pas téméraire !
Notre première rencontre sera celle des pandas géants et des pandas roux au « Panda breeding and research center », j’ai nommé la plus grande réserve
de pandas au monde. Ces créatures lentes et malhabiles ont souvent des attitudes proches des humains ce qui les rends d’autant plus attachants.
L’après-midi même, nous prenons le bus pour Emei Shan, l’une des plus belles montagnes sacrées de Chine qui culmine a plus de 3100 mètres d’altitude. Nous
commencerons l’ascension demain.
23 Septembre 2007
2540 mètres d’altitude, voilà où nous nous trouvons enfin, après près de 10 heures d’un trek inqualifiable. Le monastère où nous allons reposer nos corps
harassés se dessine lentement dans l’épais brouillard que nous côtoyons d
epu
is l’origine.
24km, voilà la distance que nous avons parcourue, non sans mal. Dix heures d’un trek interminable dans des escaliers plus qu’escarpés, 10 heures a espérer que
le prochain tournant offrirait enfin quelques mètres d’un plat salvateur pour nos corps supportant ces maudits sacs a dos. Six, peut être sept kilos, bien trop de toute façon : quelle
idée !!
Mon pire ennemi vient me frapper très vite, dans les premiers kilomètres : ces crampes si douloureuses, qui n’offrent de répits qu’à la pause de midi, au
sommet Huayan à 1914 mètres d’altitude. Chaque pas de plus est une vraie souffrance, mes crampes m’empêchant même de me tenir debout quand je suis à l’arrêt.
Un allié m’apporte son soutien dans cette épreuve terrible : la canne que j’avais prise pour nous défendre de singes. Sans elle point de salut. Toutes ces
marches à gravir…et au mental…
Le pire c’est encore ces escaliers maudits qui s’enfoncent sans fin dans le brouillard épais, car nous le savons bien, chacune de ces marches est comme un pas
en arrière, il faudra à nouveau souffrir qu’une autre marche ramène nos corps bien lourds au niveau précédent.
Le brouillard vient gâter notre seul réconfort, celui d’une belle vue pourtant tant méritée. Enfin bon, nous sommes là, et n’allons pas dîner, le sommeil
semblant être une bien meilleure idée.
24 Septembre 2007
Point de rencontre au sommet le lendemain, le brouillard encore une fois gâchant terriblement cette vue pourtant promise par les multiples prospectus faisant
l’éloge du mont Emei…
Un bus nous trimballe jusqu’à Leshan où se trouve le plus grande bouddha assis du monde, et là, surprise :…. Des marches et …encore des marches !! Les
temples que nous visitons sur le chemin sont d’un calme et d’une beauté rare.
Le grand Bouddha quant à lui est impressionnant mais esthétiquement, il manque quelque chose. Une belle journée cependant.
La prochaine étape est à 8h de routes, c’est Moxi ou doit se trouver un des plus beaux glaciers du monde, et le plus bas d’Asie. Déjà nous sentons que nous sommes dans les plateaux
tibétains : les faciès ont changé : beaucoup plus écrasés et beaucoup plus indiens.
Avec leurs grands chapeaux et leurs Pancho colorés, les tibétains parfois, nous font penser à des acteurs tout droit sortis des Western Spaghettis de John Wayne. Et là encore une fois, la
dernière, ce terrible brouillard…
La mono rue qui constitue cette ville ne saurait retenir notre attention et bien heureusement Jojo le taxi est resté avec nous. Nous négocions qu’il nous dépose
a Kanding à quelques 2h30 de routes. Il accepte puis a notre grand surprise coupe son moteur quelques minutes seulement après notre départ nous indiquant un bus là haut, dans la montagne. Il veut
nous expliquer qu’il nous faut prendre le bus mais en chinois et sans émettre de son, comme si ce n’était pas déjà assez difficile de comprendre un Chinois, prononcé souvent bien trop vite pour
moi…
Kanding enfin, à plus de 2600 mètres d’altitude. Une ville toute allongée le long de ce puissant torrent, encerclée de toute part par ces immenses montagnes.
Bienvenu dans ce monde de lilliputiens ou la nature écrase les petits êtres humains.
Partout cette odeur forte s’échappe des magasins, celle de la viande de yak découpée, dans un coin. L’odeur n’est que la face émergée de l’iceberg, il nous faut
donc goûter. L’espoir n’est pas déçu, le gout est au niveau, tout comme la densité.
L’alcool local est fort, semblable à la vodka et tord encore un peu nos solides estomacs. On se croirait un peu dans une station de sports d’hiver, ambiance
très après ski. Tous sont biens beurrés en tout cas, est-ce une habitude ou une exception, nous ne le savons pas.
Le lendemain cache en lui de nombreuses surprises…
26 septembre 2007
Notre petit déjeuner s’accompagne ainsi d’un défilé de chorées, toutes sur la même musique, avec pour fond de scène un drapeau olympique…Il est sûrement
question de choisir la délégation qui ira a Pékin le soir de l’ouverture.
Vingt minutes de marches et nous voilà donc dans une lamaserie, au programme donc une soixantaine de lamas.C’est un endroit sublime mais nous ne trouvons pas ces dits
lamas. Nous demandons aux moines dans un chinois disons approximatifs pour ne pas me vexer, mais ils semblent perplexes… Et puis soudain, l’idée fait sont bonhomme de chemin, nous sommes des
incultes…Suivez bien mon regard !
Dalaï-lama …. Lama…Mais c’est bien sûr ! Les lamas sont les moines. Quel abrutit je fais ! A lire Tintin durant sa jeunesse, on finit par vouloir voir
des lamas partout au Tibet.
Les prières vont bon train, je me pose avec les lamas récitants tous en cœur leurs incantations, formant un son profond portant nos âmes vers la méditation.
C’est le Tibet ici, le temple en est la preuve, les drapeaux colorés, les rouleaux de prières, tout nous mène à penser que la Chine traditionnelle est bien loin.
L’après midi, s’avère de plus rocambolesque. Nous voulons voir les lacs que notre guide annonce parmi les plus beaux du pays du milieu. Pour une somme modique
un chauffeur nous emmène, par les routes délabrées vers ce site magique. Le temps est bien clément et l’automne étant là, nous révèle des forêts dans leur bel apparat.
Les couleurs sont sublimes mais voilà la barrière où chacun d’entre nous doit payer pour entrer. C’est là que l’aventure commence, quand notre guide descend, se pose dans la guérite et tarde à
revenir. Que fait-il non d’un chien ?!! Nous klaxonnons, espérant par la même le voir revenir. Rien !
Il est dans la cabane, affalé et discute, avec ses compères aiguisant leurs couteaux. Il refuse de partir.
J’ai beau leur demander, la réponse obtenue est toujours la même : un refus bien net accompagné d’un sourire moqueur. Ca ne sent pas très
bon.
Nos esprits vagabonds nous laissent déjà imaginer le pire, d’autant plus que les guides indiquent qu’un touriste est mort assassiné quelques kilomètres plus
loin…Il a laissé les clefs sur le contact…Une aubaine ? Dois-je tenter ma chance, crever les pneus des autres voitures et démarrer ce foutu minibus pour fuir ?!
On se calme ! Rien à faire de toute façon, nous sommes beaucoup trop loin de toute civilisation. Leur hachoir de cuisine ne me dit rien qui vaille et je ne
voudrais pas finir comme de la volaille.
Finalement il accepte de rebrousser chemin, tant pis pour les beaux lacs. Nous ne le paierons pas et nos âmes enragées seraient même bien prêtes à lui casser le
nez.
Une soirée bien tranquille et puis nous repartons à bord d’un minibus qui dès l’aube chahute nos esprits endormis. Près de 4h de routes, nous voilà à Danba.
27 Septembre 2007
A 1800 mètres d’altitude, le long de la rivière Dadu s’étire cette ville peuplée de tibétains et de Qiang, gardée par ces multiples tours de pierres qui
scrutent l’horizon. Elles sont construites avec des systemes d’auto défense, on ne peut donc s’en approcher autrement qu’en passant par les chemins balisés. Deux excursions à bord de minibus fous
qui coupent le moteur lors des descentes pour économiser un rien d’essence nous mènent dans deux tous petits villages tibétains on ne peut plus typiques. On y sépare encore les grains à la main,
comme nous au moyen âge. Tout le monde, même les plus jeunes portent les costumes et les coiffes traditionelles très colorées. Leurs visages sont ridés, usés par le soleil, marqués par leur
sourire.
Le décor est féérique : c’est un soleil déclinant, celui de fin de journée qui par un puit de lumière plonge sur les montagnes parfois
enneigées qui nous entourent. Sublime ! Les photos parlent d’elles mêmes.
28 Septembre 2007
C’est à nouveau l’aventure quand on nous annonce qu’il n’y a pas de bus pour Chengdu, ou alors pas de place…Nous nous étions pourtant encore une fois levés à 5h
du matin pour ne pas le rater. Changement de plan donc, nous partons pour luding d’où nous espérons avoir un bus pour Chengdu. Encore un camion pulvérisé sur la route…Presque une banalité dans
ces montagnes dangereuses.
Plus de 12h plus tard, nous descendons du bus, nous voilà à Chengdu. Notre temps ici sera consacré jusqu’à la fin à la visite des temples et jardins de la
ville, résolument plus chinois…