Mercredi 17 octobre 2007 3 17 /10 /Oct /2007 12:51

Un week-end de cinq jours et c’est parti pour l’Indonésie. Un billet pour Jakarta acheté le jour même, un maigre sac à dos et un passeport : voilà notre attirail. L’avion qui décolle après nos cours nous amène tard à Jakarta, où nous filons directement vers Jalan Jaksa, où se trouve toutes les Guesthouses que côtoient les éternels backpackers. Comme partout, on y fait des rencontres autour d’une simple bière, là où chacun raconte ses projets les plus fous, ses voyages, ses trépidantes aventures et fait briller l’œil de tout le monde, même des plus aguerris.

Chacun est là pour découvrir le monde, chacun à son motif : qui, est étudiant, qui, est en année de césure, qui, a largué les amarres depuis des années et compte trouver un petit job d’appoint en Australie, comme tous d’ailleurs. Notre Guesthouse comme souvent est des plus sommaires : deux lits bien durs, une lampe de chevet et des cafards pour faire l’animation, quand une fille vient à entrer dans la chambre ou sous sa douche et se met à hurler, invoquant le motif que le méchant cafard puant lui fonce droit dessus. En outre il est vrai que cet animal de compagnie peu attirant tend à foncer à l’aveuglette vers sa « proie désignée ».

Mais revenons à Jakarta.

Nous voulons ultimement aller à Surabaya, à plus de 500km à l’Est où redécolle notre avion lundi. En passant bien entendu, plusieurs escales de choix, mais nous y reviendrons. Nous passons donc notre première matinée dans une gare plus que bondée pour trouver des billets pour Yogyakarta, plus intimement nommée « DjoDja ». Et là….c’est le drame : plus de billets de train. Ce week-end en effet marque la fin du Ramadan, ce qui est synonyme de chacun chez soi pour faire la fête et par là même de maelström des transports. Près de 15 millions de personnes partirons ainsi de la capitale ce week-end d’après les nouvelles du lendemain. Notre groupe de potes se sépare d’ailleurs ici. D’un côté ceux qui décident de tenter le tout pour le tout, de prendre une place de train sans siège, et ceux qui pensent que le bus est une meilleure alternative.

J’opte pour le train qui à lui seul vaudrait bien un récit. Le train part cet après-midi, qui sera donc bien courte.

Après la visite d’un musée sans grand intérêt et d’un succulent déjeuner dans un grand restaurant aux allures coloniales : le  «  Batavia », Ben et moi-même décidons d’aller jusqu’au port. Nous nous engouffrons pour cela dans d’étroites ruelles qui commettent un spectacle des plus attristant. Voilà les bidonvilles, ceux que l’on croit connaitre de par les reportages que tout un chacun à un jour regardé sur la un après le journal télévisé que l’on a regardé en expédiant son café. Les voir dans la réalité, voilà qui est plus difficile à supporter.

Tous vivent dans les ordures des sombres ruelles, les gamins courent. Nus. Et là, à gauche, dans ce lugubre taudis sans porte, ils sont trois avachis devant la télé, une sorte de MTV local. Pour compléter le tableau, il ne manquerai plus qu’un train, qui ne tarde d’ailleurs pas à surgir, juste là, à droite, en contre-haut. Nous grimpons pour tenter de retrouver notre chemin. Et là, c’était certain, ces éternels gamins qui jouent à courir sur les rails, ramassant parfois un déchet qu’un attentionné passager aura eu l’obligeance de bien vouloir bazarder par la fenêtre, dans l’espoir de le faire recycler…

Des petites filles aux regards illuminés par la misère qui les entoure, comme se moquant du sort qui s’est jeté sur elles, nous balancent les quelques cinq phrases qu’elles connaissent en anglais, avant de disparaître en pouffant de rire dans une sombre ruelle. Comme dans tous les endroits délaissés par les touristes, nous sommes l’attraction. Des femmes sortent de partout, des bambins dans les bras secouant le bras de ces mômes qui ouvrent grand leurs yeux, éberlués de voir ce qu’ils n’ont jamais vu, rassurés à peine par la présence de leur mère que d’autres plus âgés viennent saisir à la jambe pour observer la scène.

Nous arrivons au port, le cadre à bien changé.

Les bateaux sont énormes, en épis, devant nous. On croirait une armada de « flying Dutchman » réaménagés pour la pêche et le commerce. On se sent très petit à côté de ces géants des mers en bois, qu’un sympathique capitaine nous invite à visiter. Mais il ne faut pas tarder. Le train n’attendra pas.

Par Xavier Galezowski - Publié dans : voyage
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Mercredi 17 octobre 2007 3 17 /10 /Oct /2007 12:41

« Venez bien à l’avance » nous avait préconisé celle qui nous avait vendu ce ticket pour une nuit mémorable. Même en suivant ses conseils, rien ne nous préparait à ce que nous allions vivre.

L’arrivée sur le quai déjà était un zest amer qui en disait fort long. Des centaines et des centaines de personnes attendaient là, par terre, assis les uns contre les autres sur notre quai comme en face. A cette simple vue nous le savions déjà : il n’y aurait pas de place pour tout le monde. Les plus téméraires, des habitués somme toute, étaient montés dans leurs starting blocks, au milieu des voies ferrées. Et puis un train arrive, il est plein à craquer, les gens courent sur la voie, et grimpent tant bien que mal par les portes ouvertes du train toujours en marche.

Ce n’est pas le nôtre, tant mieux, il nous laisse entrevoir que si nous voulons vraiment prendre notre fichu train, il va falloir jouer des coudes, et tenter la montée en marche.

Et puis soudain il se profile. On l’annonce. Le voilà.

Pressés au bord du quai nous attendons l’instant. Celui où nous pourrons saisir la poignée pour s’engouffrer dans ce audit wagon. Un seul mot d’ordre : sécuriser l’espace, qui nous permettra de s’asseoir durant ces longues heures. Bien entendu dans la cohue générale, impossible de tous monter au  même endroit. On se sépare : bon courage les amis et a bientôt j’espère.

Ben réussit à s’introduire dans le même compartiment que moi. A deux c’est plus facile. On jette nos sacs à terre, dans le maigre espace qui reste inhabité. Sauvés, nous sommes dedans, et même assis par terre ! Mais ce n’est qu’une bataille…

Ballotés de tous bords, nous attendons que le train démarre, mettant ainsi fin au flot incessant de voyageurs qui tirent, poussent, jettent leurs sacs par les fenêtres entrouvertes. Et puis d’un coup, sans crier gare,  nous voilà repartis et la première vague d’aire renouvelé vient rafraîchir la fournaise qui croît à chaque instant. Mais cette bouffée d’air frais fait frétiller nos narines. Nul besoin d’humer pour reconnaître l’odeur. La porte en face de nous s’ouvre tout doucement : voilà pourquoi l’espace qui est le nôtre n’était pas pris. De partout ca déborde, l’évier est mal bouché et la fétide odeur des toilettes voisines nous laisse présager d’un sommeil bien fragile.

Une bouteille d’eau vide, voilà notre artifice qui permet de fermer la porte un court instant. Passons sur les détails de l’eau qui s’en échappe et que le papier journal, que nous avions disposé pour améliorer notre hygiène, buvait abondamment, sûrement jusqu’à plus soif.

Neuf dans trois mètres carrés, se tenant bien au chaud, les jambes repliées, le voyage commençait.

Un train de réfugiés, voilà la triste image qui me venait en tête. Pas le temps pour penser, il faut encore et encore remettre cette maudite bouteille en place, que le flux incessant des passagers oublie de replacer. Un flux renouvelé dès qu’entre en gare le train, et que des vendeurs en tout genre viennent jeter bien fort leur menu (identique d’ailleurs : nasi goreng, sprite, aqua), réveillant à chaque fois les pauvres piétinés qui gisent là dans l’allée. Chaque gare, et sans faille, le même scénario, avec en parallèle la horde de furieux qui tambourinent aux vitres pour qu’on leur ouvre la porte. Mais pour aller où au juste ??

Heureusement l’ordre émane des indonésiens qui partagent avec nous ce moment, nous permettant ainsi de nous décharger du dilemme entre ouvrir et finir écraser, et laisser la porte telle quelle, souhaitant bon courage et bonne route à ceux qui sont dehors. Peut-être la prochaine porte de wagon sera-t-elle ouverte, se dit-on pour se rassurer que nous ne sommes pas des égoïstes…

La nuit est longue et l’on dort peu, l’odeur aidant bien entendu.

A 4h j’ouvre un œil, nous devrions arriver. Je décide de laisser Ben ici pour aller chercher Hien. Après 10 minutes de parcours du combattant pour traverser le wagon, je trouve l’individu allongé à l’endroit le plus risqué du train : au point de jonction des wagons, là où les plateformes métalliques agissent comme des mâchoires d’acier. Encore deux heures de routes et nous voilà rendus…

Par Xavier Galezowski
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Mercredi 17 octobre 2007 3 17 /10 /Oct /2007 12:40

Encore plusieurs heures de bus, près de 4h si je ne m’abuse. Devant nous se dessine le plus grand temple du monde dédié à Bouddha, construis en une seule pièce, ce n’est pas quand même pas me dit-on comparable à Angkor, c’est le fameux Borobudur. Il est tellement grand d’ailleurs qu’à aucun moment je n’ai pu le contempler pleinement dans sa totalité. Il est bien conservé, surtout grâce aux volcans qui l’ont bien protégé de leur manteau de poussière épaisse. Ce n’est qu’à l’époque de Sir Thomas Raffles en effet que cet impressionnant édifice a été redécouvert…

Les têtes de buddhas manquent souvent, les pilleurs de temples sont venus par là. Ceux qui auront vu le film « deux tigres » sauront bien à quoi je fais référence ici. Les marches sont abruptes, les bas-reliefs sublimes. Là encore, je pense que les photos sauront mieux que les mots éclairer vos lanternes, je vous laisse voyager…

 

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Après près d’une heure et demie de visite, peut-être deux et encore un Nasi-goreng (du riz tout bonnement), nous partons pour un autre complexe de temples, que l’on nomme Prambenan. Le spectacle est étrange, sur le même site à quelques encablures, des temples indus et bouddhistes se contemplent. C’est un roi de l’époque qui était un indu et qui a épousé une bouddhiste, ne voulant vexer personne et surtout pas un Dieu, il a fait ériger ses magnifiques temples  que nous avons le bonheur d’observer alors que le soleil s’éteint. Ils sont fort grand et entourés de ruines, cette fois c’est la nature elle-même qui a décidé de se charger d’endommager ne patrimoine. Les tremblements de terres laissent les temples par terre ou dans un état bien précaire, sauvés uniquement par les investissements engagés par l’Unesco. Shiva est la vedette, il a le plus grand temple. Pourquoi vénérer ainsi le dieu de la destruction ? Pour éviter qu’il ne se fâche…bien entendu. Offrez lui un plus grand temple que les autres et il ne les détruira pas, offrez lui un plus petit temple et tout sera par terre…

On se contente des explications que l’on a, après tout c’est peut-être vrai tout ca…

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Encore un long transport pour nous mener au mont Bromo dont le récit suivra.

Par Xavier Galezowski
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Mercredi 17 octobre 2007 3 17 /10 /Oct /2007 12:32

Il est 3h du mat. Il fait froid. On toc à notre porte, il faut se réveiller. Dans deux heures le lever de soleil. On s’habille en hâte, on grimpe dans les 4*4. Pour une fois ils sont utilisés dans un endroit utile. La piste nous secoue, on suit le convoi qui mène au sommet. Les phares allumés, nous sommes dans un brouillard épais composé d’eau comme tout brouillard en somme, mais aussi de sable noir, celui que les volcans déposent sur le sol. Ici les volcans sont actifs, chacun en est conscient. Le silence est profond dans la Jeep, chacun recharge ses batteries, le rythme est très intense. Ce matin j’ai permis au soleil de se lever plus tard que moi, une fois n’est pas coutume…

On arrive au sommet, il faut finir à pied. Tous les touristes d’Indonésie ont décidé de venir voir ce même levé de soleil, au même moment que moi…Sapristi ! (c’est un peu vieillot comme expression mais j’aime bien.) Ca n’enlève pourtant rien à l’authenticité de ce nouvel émerveillement. Le ciel rougit, la nuit s’efface. Le soleil apparaît, discrètement, lentement entre ces deux volcans. La ceinture de feu se réveille. La mer de nuage devient incandescente, on pourrait presque voir la lave qui s’échappe, mais c’est une utopie… Vulcain est au travail, je vois la forge qui fume, l’odeur du souffre monte, le mont Bromo s’éveille. Constatez par vous-même…

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Et puis nous descendons, direction le mont Bromo lui-même. Pour l’atteindre on choisit : les chevaux sont tentants, mais les pieds sont moins chers, et quand on voyage tant, il faut parfois renoncer, pour mieux voyager une autre fois. On s’engage donc à pied, sur les sentiers noirs des volcans qui mènent dans le cratère, qui crache sa fumée. La lave a marqué les coteaux. C’est un peu limite tout de même cette odeur d’œuf pourri le matin au réveil mais là encore le panorama vaut bien le détour !

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Enfin je n’en dirais pas plus, ce voyage étant avant tout des paysages, constatez par vous-même.

Par Xavier Galezowski
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Lundi 8 octobre 2007 1 08 /10 /Oct /2007 16:57

 Une plongée pas comme les autres…

 

Me voilà dans la position difficile d’essayer de retranscrire pour vous ce que j’ai pu vivre ce week-end lors d’une de mes nombreuses plongées. .. En voilà le récit.

 

      Une fois le briefing de plongée fait ; après s’être équipés, avoir fait nos dernières vérifications pour s’assurer que tout notre matériel était en bon état et que nos bouteilles d’oxygène nous délivreraient bien cette substance vitale, nous pouvions y aller…enfin ! 

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En plongée, tout marche toujours par deux, et l’on s’appelle « buddy ». Le « buddy » en question est un peu notre caution survie en cas de problème, il faut donc ne jamais s’en éloigner. C’est donc a quatre que nous partons. L’eau est un peu plus froide que d’habitude, mais tout de même à plus de 20°C, nous sommes en Malaisie.

Encore une fois sur l’île de Tioman ou je pose les pieds pour la troisième fois déjà. C’est un site reconnu comme l’un des plus beaux au monde, et c’est là que j’ai fais mes premiers pas en tant que plongeur. Mais revenons si vous le voulez bien à cette dernière plongée.

Arrivés suffisamment loin des côtes, après avoir nagés quelques minutes dans notre accoutrement peu pratiques quand il s’agit de nager en surface, nous nous mettons en cercle.

Le feu vert est donné, nous plongeons. Chacun vide son « BCD » (buoyancy control device, une sorte de gilet de sauvetage gonflable) de l’air qui s’y trouve et nous nous enfonçons dans les profondeurs.  Sans référence, il est difficile de dire a quelle vitesse nos corps sont attirés au fond par les ceintures de plombs avec lesquelles nous nous sommes attachés. J’ai pris 2kg pour ma part.

Nous arrivons vers 10 mètres, nous commençons à nager vers notre objectif. La pression se fait sentir sur nos tympans.

Et puis après quelque minute…

Une tâche sombre devant nous. Enorme. Nous nous approchons.

Je jette furtivement un coup d’œil à ma jauge : 24 mètres.

Nous y sommes déjà.

Devant nous se dresse l’un des plus beaux spectacles qu’il m’est été donné de voir dans ma vie. Tout doucement se découvre à mes yeux cette masse sombre. Elle prend forme. Déjà,  je peux reconnaître la forme d’une épave. Elle repose là, dans le calme des profondeurs.

La proue d’abord se dresse fièrement, c’est un vieux navire de pêche Thaïlandais coulé ici il y a plus de 10 ans. Ses parois en bois sont rongées par les algues, les coraux, les anémones… J’ai l’impression d’être un peu dans un rêve d’enfant, de découvrir un trésor.

A l’intérieur de gros poissons rodent, ils nous regardent un peu étonnés parfois nous provoquant pour signifier qu’ici c’est leur territoire.

Le moment est incroyable. Je me plais a imaginer l’équipage se baladant sur le pont ou jetant les filets à l’eau, alors même que je nage au dessus du pont principal. Deux mats sont restés debout, quasi intacts. Le spectacle devient fabuleux quand un banc de plusieurs centaines de poissons argentés et jaunes viennent encercler le bateau et remonte le long de cette épave en formant une grande spirale qui finit par s’enrouler autour du mat : on croirait voir se gonfler une voile argentée…

La cabine arrière, les cales, chaque cavité forme un habitat parfait pour tous ces poissons tropicaux, alors que le bois forme un support aux végétaux.

La découverte d’une épave, même si nous savions ce que nous venions chercher ici reste un moment inoubliable. C’est à la fois un rêve de gamin, l’impression d’être un explorateur, de découvrir l’histoire, mais surtout c’est la sensation d’être allé là ou peu d’hommes sont allés, accompagné par le silence, troublé périodiquement par le bruit des bulles qui remontent pour se perdre vers une surface que nous ne voyons pas… 



Allez, pour finir comme il se doit mon récit, encore quelques images qui vous feront voyager q Tioman...

 

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Par Xavier Galezowski
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Mardi 2 octobre 2007 2 02 /10 /Oct /2007 12:59
 
 
21 septembre 2007
 
Singapore-Bangkok-Chengdu : 5h de vol environ et nous voila dans la capitale du Sichuan, dans le but de tenter de s’introduire au Tibet, à Lhassa pour être exact.
La cinquième plus grande ville de Chine qui regroupe près de 13 millions d’habitants se modernise a vitesse grand V. Très vite, nos espoirs d’atteindre Lhassa s’évanouissent par manque de temps et d’argent. Au mieux nous pourrions y passer 4 jours, mais à quel prix ?!
La décision est prise, nous allons passer cette semaine dans le Sichuan, et pourquoi pas aller dans les plateaux tibétains qui appartiennent administrativement au Sichuan. Le vrai problème pour accéder au Tibet, c’est ce fameux permis qu’il faut obtenir des autorités chinoises peu accommodantes. Certaines personnes ayant réussi a passer en fraude ont reporté s’être fait tabasser par les chinois, je ne prendrais donc pas ce risque : courageux mais pas téméraire !
Notre première rencontre sera celle des pandas géants et des pandas roux au « Panda breeding and research center », j’ai nommé la plus grande réserve de pandas au monde. Ces créatures lentes et malhabiles ont souvent des attitudes proches des humains ce qui les rends d’autant plus attachants. DSC03014.JPG
L’après-midi même, nous prenons le bus pour Emei Shan, l’une des plus belles montagnes sacrées de Chine qui culmine a plus de 3100 mètres d’altitude. Nous commencerons l’ascension demain.
23 Septembre 2007
 
2540 mètres d’altitude, voilà où nous nous trouvons enfin, après près de 10 heures d’un trek inqualifiable. Le monastère où nous allons reposer nos corps harassés se dessine lentement dans l’épais brouillard que nous côtoyons d DSC03035.JPG epu DSC03037.JPG is l’origine.
24km, voilà la distance que nous avons parcourue, non sans mal. Dix heures d’un trek interminable dans des escaliers plus qu’escarpés, 10 heures a espérer que le prochain tournant offrirait enfin quelques mètres d’un plat salvateur pour nos corps supportant ces maudits sacs a dos. Six, peut être sept kilos, bien trop de toute façon : quelle idée !!
Mon pire ennemi vient me frapper très vite, dans les premiers kilomètres : ces crampes si douloureuses, qui n’offrent de répits qu’à la pause de midi, au sommet Huayan à 1914 mètres d’altitude. Chaque pas de plus est une vraie souffrance, mes crampes m’empêchant même de me tenir debout quand je suis à l’arrêt.
Un allié m’apporte son soutien dans cette épreuve terrible : la canne que j’avais prise pour nous défendre de singes. Sans elle point de salut. Toutes ces marches à gravir…et au mental…
Le pire c’est encore ces escaliers maudits qui s’enfoncent sans fin dans le brouillard épais, car nous le savons bien, chacune de ces marches est comme un pas en arrière, il faudra à nouveau souffrir qu’une autre marche ramène nos corps bien lourds au niveau précédent.
Le brouillard vient gâter notre seul réconfort, celui d’une belle vue pourtant tant méritée. Enfin bon, nous sommes là, et n’allons pas dîner, le sommeil semblant être une bien meilleure idée. 

24 Septembre 2007
 
Point de rencontre au sommet le lendemain, le brouillard encore une fois gâchant terriblement cette vue pourtant promise par les multiples prospectus faisant l’éloge du mont Emei…
Un bus nous trimballe jusqu’à Leshan où se trouve le plus grande bouddha assis du monde, et là, surprise :…. Des marches et …encore des marches !! Les temples que nous visitons sur le chemin sont d’un calme et d’une beauté rare.
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Le grand Bouddha quant à lui est impressionnant mais esthétiquement, il manque quelque chose. Une belle journée cependant. DSC03060.JPG DSC03061.JPG










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La prochaine étape est à 8h de routes, c’est Moxi ou doit se trouver un des plus beaux glaciers du monde, et le plus bas d’Asie. Déjà nous sentons que nous sommes dans les plateaux tibétains : les faciès ont changé : beaucoup plus écrasés et beaucoup plus indiens. 

Avec leurs grands chapeaux et leurs Pancho colorés, les tibétains parfois, nous font penser à des acteurs tout droit sortis des Western Spaghettis de John Wayne. Et là encore une fois, la dernière, ce terrible brouillard…
La mono rue qui constitue cette ville ne saurait retenir notre attention et bien heureusement Jojo le taxi est resté avec nous. Nous négocions qu’il nous dépose a Kanding à quelques 2h30 de routes. Il accepte puis a notre grand surprise coupe son moteur quelques minutes seulement après notre départ nous indiquant un bus là haut, dans la montagne. Il veut nous expliquer qu’il nous faut prendre le bus mais en chinois et sans émettre de son, comme si ce n’était pas déjà assez difficile de comprendre un Chinois, prononcé souvent bien trop vite pour moi…
Kanding enfin, à plus de 2600 mètres d’altitude. Une ville toute allongée le long de ce puissant torrent, encerclée de toute part par ces immenses montagnes. Bienvenu dans ce monde de lilliputiens ou la nature écrase les petits êtres humains.
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Partout cette odeur forte s’échappe des magasins, celle de la viande de yak découpée, dans un coin. L’odeur n’est que la face émergée de l’iceberg, il nous faut donc goûter. L’espoir n’est pas déçu, le gout est au niveau, tout comme la densité.
L’alcool local est fort, semblable à la vodka et tord encore un peu nos solides estomacs. On se croirait un peu dans une station de sports d’hiver, ambiance très après ski. Tous sont biens beurrés en tout cas, est-ce une habitude ou une exception, nous ne le savons pas.
Le lendemain cache en lui de nombreuses surprises…

26 septembre 2007
 
Notre petit déjeuner s’accompagne ainsi d’un défilé de chorées, toutes sur la même musique, avec pour fond de scène un drapeau olympique…Il est sûrement question de choisir la délégation qui ira a Pékin le soir de l’ouverture.
Vingt minutes de marches et nous voilà donc dans une lamaserie, au programme donc une soixantaine de lamas.C’est un endroit sublime mais nous ne trouvons pas ces dits lamas. Nous demandons aux moines dans un chinois disons approximatifs pour ne pas me vexer, mais ils semblent perplexes… Et puis soudain, l’idée fait sont bonhomme de chemin, nous sommes des incultes…Suivez bien mon regard ! DSC03093.JPG
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Dalaï-lama …. Lama…Mais c’est bien sûr ! Les lamas sont les moines. Quel abrutit je fais ! A lire Tintin durant sa jeunesse, on finit par vouloir voir des lamas partout au Tibet.
Les prières vont bon train, je me pose avec les lamas récitants tous en cœur leurs incantations, formant un son profond portant nos âmes vers la méditation. C’est le Tibet ici, le temple en est la preuve, les drapeaux colorés, les rouleaux de prières, tout nous mène à penser que la Chine traditionnelle est bien loin.
L’après midi, s’avère de plus rocambolesque. Nous voulons voir les lacs que notre guide annonce parmi les plus beaux du pays du milieu. Pour une somme modique un chauffeur nous emmène, par les routes délabrées vers ce site magique. Le temps est bien clément et l’automne étant là, nous révèle des forêts dans leur bel apparat.
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Les couleurs sont sublimes mais voilà la barrière où chacun d’entre nous doit payer pour entrer. C’est là que l’aventure commence, quand notre guide descend, se pose dans la guérite et tarde à revenir. Que fait-il non d’un chien ?!! Nous klaxonnons, espérant par la même le voir revenir. Rien !

Il est dans la cabane, affalé et discute, avec ses compères aiguisant leurs couteaux. Il refuse de partir.
J’ai beau leur demander, la réponse obtenue est toujours la même : un refus bien net accompagné d’un sourire moqueur. Ca ne sent pas très bon.
Nos esprits vagabonds nous laissent déjà imaginer le pire, d’autant plus que les guides indiquent qu’un touriste est mort assassiné quelques kilomètres plus loin…Il a laissé les clefs sur le contact…Une aubaine ? Dois-je tenter ma chance, crever les pneus des autres voitures et démarrer ce foutu minibus pour fuir ?!
On se calme ! Rien à faire de toute façon, nous sommes beaucoup trop loin de toute civilisation. Leur hachoir de cuisine ne me dit rien qui vaille et je ne voudrais pas finir comme de la volaille.
Finalement il accepte de rebrousser chemin, tant pis pour les beaux lacs. Nous ne le paierons pas et nos âmes enragées seraient même bien prêtes à lui casser le nez.
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Une soirée bien tranquille et puis nous repartons à bord d’un minibus qui dès l’aube chahute nos esprits endormis. Près de 4h de routes, nous voilà à Danba.

27 Septembre 2007
 
A 1800 mètres d’altitude, le long de la rivière Dadu s’étire cette ville peuplée de tibétains et de Qiang, gardée par ces multiples tours de pierres qui scrutent l’horizon. Elles sont construites avec des systemes d’auto défense, on ne peut donc s’en approcher autrement qu’en passant par les chemins balisés. Deux excursions à bord de minibus fous qui coupent le moteur lors des descentes pour économiser un rien d’essence nous mènent dans deux tous petits villages tibétains on ne peut plus typiques. On y sépare encore les grains à la main, comme nous au moyen âge. Tout le monde, même les plus jeunes portent les costumes et les coiffes traditionelles très colorées. Leurs visages sont ridés, usés par le soleil, marqués par leur sourire.

Le décor est féérique : c’est un soleil déclinant, celui de fin de journée qui par un puit de lumière plonge sur les montagnes parfois enneigées qui nous entourent. Sublime ! Les photos parlent d’elles mêmes.
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28 Septembre 2007
 
C’est à nouveau l’aventure quand on nous annonce qu’il n’y a pas de bus pour Chengdu, ou alors pas de place…Nous nous étions pourtant encore une fois levés à 5h du matin pour ne pas le rater. Changement de plan donc, nous partons pour luding d’où nous espérons avoir un bus pour Chengdu. Encore un camion pulvérisé sur la route…Presque une banalité dans ces montagnes dangereuses.
Plus de 12h plus tard, nous descendons du bus, nous voilà à Chengdu. Notre temps ici sera consacré jusqu’à la fin à la visite des temples et jardins de la ville, résolument plus chinois…
Par Xavier Galezowski
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